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22 juillet 2007

De l’incidence de l’incompatibilité Java/Firefox 2 sur le prix des vols d’Air France et le Diabète

Petite aventure véritable qui vient de m’arriver et que je ne peux que vous narrer ici.

Je voulais réserver trois billets pour une destination qui n’est pas particulièrement recherchée en ce moment (Beyrouth, allez savoir pourquoi).

Je vais sur AirFrance.fr. Je choisis mes vols, on m’annonce le prix : 1064 Euros par billet. Je complète le formulaire et découvre que je peux choisir mes sièges. Je clique sur le lien, une fenêtre s’ouvre qui essaye de charger quelque chose. Au bout de quelques minutes je comprends que le quelque chose que Firefox essaye de charger ne viendra jamais. Je ferme la fenêtre. Firefox plante.

Je rouvre Firefox, je reviens sur AirFrance.fr, je recommence le processus de réservation qui n’avait pas été sauvegardé. Je refais tout le parcours, et, à nouveau, je ne peux résister à la tentation de vouloir choisir mes sièges dans l’avion car l’expérience prouve que par défaut Air France a la fâcheuse manie de vous placer selon une logique prévue pour séparer systématiquement les gens.

A nouveau une fenêtre s’ouvre, à nouveau Firefox peine à télécharger le truc magique pour choisir ses sièges. A nouveau je ferme. Ca plante. Couic.

Et bien sûr je recommence, parce que je suis bête et buté. Je me dis que, tant pis, je ne choisirai pas mes sièges, que comme d’habitude on négociera dans l’avion pour être décemment assis.

Ouvrir Firefox, aller sur AirFrance.fr, resélectionner les vols et là surprise: le prix du billet n’est plus de 1064 Euros, mais de 1782 Euros.

AirFrance.fr dans la grande sagesse de ses algorithmes d’ajustement de tarifs en temps réel, a considéré que trois tentatives de réservation de billets pour Beyrouth en très peu de temps dénotaient d’une forte demande pour cette destination et a revu automatiquement ses prix à la hausse. Comme le monde est bien fait et en réseau, ce nouveau tarif était répercuté sur tous les autres sites de vente de billets d'avion. 

Alors j’ai attendu que ça se dégonfle. J’ai attendu que l’algorithme se rende compte qu’une recherche de billets n’est pas une vente de billet et qu’un supplément de 3x700 Euros pour un bug n’est pas justifié.

Je me suis reconnecté le lendemain (aujourd’hui) et j’ai refait ma réservation. Comme je m’y attendais les billets étaient revenus à leur prix initial de 1064 Euros. J’ai complété les formulaires en faisant très attention de ne pas cliquer sur l’assignation de sièges et tout a marché très bien.

 

La morale de cette histoire est que : il suffit qu’un imbécile fasse une connerie mineure quelque part pour que ça puisse avoir une incidence sur plein d’autres gens. Il y a peut-être d’autres gens qui ont essayé d’acheter des billets pour Beyrouth hier après midi et qui les ont payé 70% plus cher simplement parce que le service informatique d’AirFrance n’a pas jugé bon de faire un système compatible avec Firefox (un navigateur mineur doivent-ils se dire). Et d’ailleurs pourquoi ont-ils choisi de faire ça en Java plutôt qu’en Flash ? Ca sent bon le service informatique à l’ancienne ça. Comment peut-on imaginer que le prix des billets d’avion puisse être sensible à un bug de browser web ? C’est une assez pathétique et édifiante illustration de l’histoire classique du mouvements des ailes d’un papillon.

Epilogue de cette histoire : après avoir fait ma réservation, j’ai reçu un email d’AirFrance me disant que je pouvais modifier les paramètres de mon vol.

Je suis donc retourné sur AirFrance.fr pour tenter de choisir des sièges. Mais, instruit par l’expérience, j’y suis allé avec Internet Explorer. Après identification, j’ai donc retrouvé les noms des trois personnes qui voyagent avec en face de chacune ses préférences en matière de repas en vol (aucune) ainsi que son siège (aucun assigné). Un bouton propose de modifier ces éléments. J’ai accédé à une page qui me proposait de choisir le type de repas dans un menu déroulant qui comprend : Diabétique, Musulman, Kasher, Végétarien et Enfant. Avec Diabétique comme valeur par défaut et aucune possibilité de dire qu’on ne répond à aucune de ces exigences et qu’on veut juste le médiocre plateau repas standard.

Af_resa_2
Juste en dessous du choix des repas je pouvais enfin choisir mes sièges. Ce coup-ci l’application en Java a bien voulu fonctionner puisque j’utilisais le respectable Internet Explorer. Mais valider un siège revient automatiquement à valider un choix de repas. Comme je n’ai pas résisté à l’envie de choisir des sièges nous sommes condamnés à avoir des plateaux repas diabétiques.

Moralité, pour Air France tout le monde est diabétique et personne n’utilise Firefox.

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Voici les sites qui parlent de De l’incidence de l’incompatibilité Java/Firefox 2 sur le prix des vols d’Air France et le Diabète :

Commentaires

Le probleme avec cette entrée blog est qu'en pratique, Air France ne fait PAS du tout ce qui est décrit.
Il n'y a absolument aucun lien entre la recherche non validée de vols et l'optimisation des revenus.

Ca ne retire rien au fait que le site d'Air France est une infamie dont j'ai d'ailleurs moi aussi été victime.
C'est allé jusqu'à recevoir des billets ne correspondant pas a ma commande, deux fois de suite (je recevais le billet du vol de trois heures plus tard, y compris la seconde fois ou echaudé par ma potentielle erreur la premiere fois, j'ai verifie dix fois avant de valider).

Pour en revenir au RMS (Revenue Management System), celui d'Air France, comme tous les autres du monde, n'est pas lié aux requetes interactives (ie celles non encore validees). Il n'y a aucun moyen technique existant encore pour faire ce qui est decrit par Rafi.
Pour aller plus loin, le systeme d'Air France repose sur une ré-optimisation quotidienne uniquement, ce qui est encore plus loin de ce fantasme décrit plus haut: au maximum une fois par jour, a l'heure ou le trafic est minimal (et en pratique en général seulement 10 a 20 fois en six mois de publication d'un vol donné), l'optimiser recupere les données des places vendues (et jamais celles de ce qui a ete demande et pas valide, l'info n'est meme pas presente dans le systeme, ou que ce soit), et reevalue les prix en fonction.

Quant a ce qu'il s'est passé pour que les prix passent a 1720 euros, il y a plusieurs explications possibles, aucune n'etant celle donnée.
Pour ne citer que celle qui semble avoir 95% de chances d'etre la bonne:
Quand Rafi a commencé a acheter ses billets, ils ont ete reserves pendant une duree de 30 minutes a une heure.
Ce qui signifie qu'instantanement, dans le monde entier, il y avait 3 places de moins a ce tarif jusqu'a ce qu'une heure s'ecoule sans annulation ni validation, et a ce moment les places sont remises sur le marché. Cela evite de vendre plusieurs fois "la meme" place.
Comme il a effectue trois fois la reservation, cela faisait 9 places prises a ce tarif.
Air France n'a pas du tout juge qu'il y avait une forte demande, simplement les 9 places reservees a ce tarif etaient bloquees pour une heure le temps que Rafi se decide trois fois (bien sur, avec le bug, il ne risquait pas).
En reessayant une heure et pas un jour, cela aurait suffi a recuperer le bon prix.
Ce qui ne justifie pas le systeme lamentable d'Air France, bien sur. C'est plutot pour eviter que ceux qui, apres un an, lisent cette entree du blog ne retiennent des choses fausses sur la tarification.

Le problème n'est pas d'avoir un monde complexe où tout est interdépendant, où le bruissement des ailes d'un papillon etc. le problème c'est de l'ignorer. Ce qui me fascine dans l'histoire d'Air France ce n'est pas le faitd e recalculer automatiquement le prix des billets selon la demande, mais de faire un algorithme aussi naif et débile qui réagisse qui considère que l'informatique est infaillible et que si les gens commandent plusieurs fois le même billet c'est qu'ils en veulent, non pas parce que le système a planté. Il faut assumer que le monde est complexe, subtil et faillible et se creuser la tête un peu plus que dix minutes quand on écrit un algorithme de calcul dynamique de prix.
Ne pleurons pas la complexité du monde, pleurons l'imbécilité de ceux qui l'ignorent.

Quelle sera l'impact de ces Travel Metasearch genre Kayak, Mobissimo, Spice etc... qui multiplie les requetes a tous les fournisseurs?
Le but etait de trouver le meilleur prix.
Cherher continuellement le prix le plus bas n'augmenterait'il pas le prix?

Je suis arrive ici para hasard.

A quand la fusion de Nabaztag et Ozone?

Veuillez excuser mon francais, je vis en Espagne depuis plus de 20 ans et J'ai oublie...

vraisemblablement, dans le billet ainsi que dans le titre, il faut remplacer le mot java par le mot javascript, qui sont deux technologies très différentes !

>... très peu de temps dénotaient d’une forte demande pour cette destination
>et a revu automatiquement ses prix à la hausse.
tu penses qu'ils en sont là ? ca fait froid dans le dos alors ... sinon, ils en sont peut être restés à une réservation inside the system de 3 x 3 places ... l'avion était peut être plein alors ou quasiment ?
J'avais déjà été victime de ce phénomène de "mondialisation" quand on t'annonce un tarif, que tu fais tout le process et qu'à la fin le truc te dis que ton tarif n'est plus disponible ... et tu refais la recherche et là .. + 30% en quelques secondes. Hey, c'était peut être toi qui "reloadait" la page de l'autre coté :-)

>La morale de cette histoire est que : il suffit qu’un imbécile fasse une
>connerie mineure quelque part pour que ça puisse avoir une incidence sur
>plein d’autres gens.
C'est un peu comme la bourse non ? sauf que là, on a même bouté hors du système l'imbécile, c'est directement l'informatique qui peut se mettre à faire des conneries majeures.
La bulle précédente m'avait appris qu'il ne servait à rien d'avoir raison contre le système et qu'il fallait suivre les grands mouvements (si tant est que l'on soit dans le bon mouvement, c'est à dire celui qui est légèrement anticipé sur les gens comme nous :-)). Aujourd'hui que tout est connecté à tout, c'est angoissant car on a vraiment le sentiment de ne plus rien maîtriser et à peine de contrôler ...

Ce serait intéressant de vous rencontrer un de ces jours a Beyrouth par hasard.

militons pour l'extermination pure et simple d'Internet Explorer !

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Personal Networks

  • Dsc00055
    Voici des photos que j'ai prise à Beyrouth (Liban), plus précisément dans le quartier arménien (Bourj Hammoud). Pendant la guerre du Liban, tous les services publics faisant défaut, les libanais se sont mis à développer leurs propres infrastructures. Les rues sont toutes traversées par des câbles qui vont d'immeuble en immeuble. Ces câbles transportent (plus ou moins légalement): de l'électricité, des lignes de téléphone d'un immeuble à l'autre, des réseaux de télévision offerts par le Video Club du coin. Ces réseaux sont particulièrement fournis dans le quartier arménien où tout le monde est souvent à portée de câble d'un cousin. Ces images préfigurent pour moi ce que seraient des Personal Networks, c'est à dire la possibilité offerte à tout un chacun de créer son propre réseau pour se connecter à des membres de sa communauté. Nous sommes passés des ordinateurs centralisés à des ordinateurs personnels, nous tenons pour naturel d'avoir le pouvoir de traiter des données comme nous l'entendons sur nos PC. Les nouvelles technologies de réseau (le Wi-Fi pour ne pas le nommer) sont l'équivalent pour les réseaux de ce qu'ont été les PC dans les années 70-80. Le Wi-Fi peut remplacer les câbles qui ont été tendus dans le quartier arménien et rendre moins laide et fastidieuse l'interconnexion des gens. Imaginez les rues que j'ai photographiées avec plein de réseaux qui les strient mais de manière invisible. Imaginez surtout que toutes les rues de toutes les villes deviennent comme les rues du quartier arménien de Beyrouth, sans qu'on ait forcément besoin d'une guerre pour y arriver. r.

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