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Pop-up thoughts

14 octobre 2007

Comment envoyer la Cène de Léonard de Vinci par MMS

Voici une vidéo/démo d'un des trucs les plus formidables que j'ai pu voir ces derniers temps (et dieu sait que j'en vois des choses formidables).


Content aware Image resizing
Uploaded by balr0g

Ce qui me fascine le plus c'est la hierarchisation des personnes présentes sur l'image tel qu'il est montré à la fin du film. Ca veut dire que par exemple sur la photo du gouvernement sur le perron de l'Elysée on pourra hierarchiser l'importance des ministres et des secrétaires d'état et selon l'espace disponible on pourra en afficher plus ou moins. Y aura t-il un protocole des photos ?

Je ne peux m'empécher de penser au Ministère de la Vérité de 1984 où Winston efface sur les photos l'existence de gens tombés en disgrace.

29 juillet 2006

Lectures de vacances

Expériences de cet été:

Lunar Park de Bret Easton Ellis
publié par Robert Laffont (Collection Pavillons) - 20 € - imprimé par Firmin-Didot (groupe CPI)

Lorsqu'on laisse le livre en plein soleil (peu importe d'où) la colle de la reliure sèche et les pages se détachent complètement, ce qui est particulièrement désagréable quand on lit dans un endroit où (par ailleurs) il y a du vent et/ou qu'on lit dans un transat sans accoudoir, obligeant à adopter une position très inconfortable (et fatigante pour le bras gauche) pour lire.

Breaking the Spell (Religion as a Natural Phenomenon) de Daniel Dennett
publié par Viking Penguin - 25,95$ - Printed in the United States of America (imprimeur anonyme)

Laissé en plein soleil (peu importe d'où), par près de 40 degré, le livre reste intègre, d'une admirable tenue et parfaitement solide. Quelle que soit la position du lecteur, l'ouvrage sait prendre élégamment sa place sans obliger à des contorsions qui deviennent vite nauséeuses.

Par conséquent, si je devais vous recommander (tardivement) une lecture d'été, c'est sans hésitation que je vous encourage a préférer Daniel Dennett à Bret Easton Ellis.

Où ailleurs que sur son blog peut-on dire des choses aussi minuscules et importantes ?

23 avril 2005

Good enough

Lu dans Wired 13.04 le papier « Discs are So Dead » sur l’échec des nouveaux formats de disques et en particulier les formats audio DVD-Audio et SACD qui améliorent (pourtant) considérablement la qualité du son.

Right now there’s a war going on between high-quality music disc formats. Super Audio Compact Disc and DVD-Audio both offer sound far superior to standard CDs; each has pluses and minuses, supporters and detractors. But the competition is hardly high stakes. In the first half of 2004, DVD-Audio and SACD makers together shipped only 600 000 units – exactly the demand for vinyl records during the same period.

And while you probably don’t have any SACD or DVD-Audio discs in your collection, odds are you either already have –or have been tempted to get- an iPod. Apple has sold more than 10 million of the portable players. Now there’s the important part: Digital music files even encoded at high bitrates, come nowhere near the quality of songs on plain old CDs, let alone SACDs. Yet consumers buy 1.25 million digital singles a day from iTunes alone. Downloading –not a fancy new kind of disc- is the winning model in music. People care more about flexibility than they do about fidelity.

En bref, et pour ceux qui ni ne liraient pas l’anglais : entre une qualité de son supérieure et la flexibilité du téléchargement et de manipulation de fichiers musicaux  (payants), l’utilisateur préfère de loin la deuxième option. La qualité des fichiers musicaux (MP3 en particulier) n’est pas bonne, juste suffisamment bonne pour ne pas sacrifier une grande accessibilité, une grande flexibilité, une grande fluidité de consommation.

Voilà, je voulais simplement apporter cette illustration aux tenants de l’approche ingénirique naïve qui considère toujours qu’une meilleure technologie est suffisante pour supplanter une autre. L’histoire du succès du numérique et des réseaux n’est pas l’histoire du succès de la qualité, mais du succès de la fluidification des choses. La tendance irrépressible depuis des dizaines d’années et dans tous les domaines est avant tout à la fluidification, à un monde sans ruptures, sans grumeaux, sans frottements. L’industrie du disque est (prétendument) en crise pour n’avoir toujours pas compris cela, pour croire que ses intérêts industriels pouvaient primer sur une aspiration aussi profonde. Depuis le début des années 90, nous nous accommodons de la qualité désastreuse du GSM à cause de la considérable fluidité qu’il apporte dans nos vies et qui fait que, même lorsque nous sommes à la portée d’un téléphone filaire, nous utilisons quand-même notre portable. La qualité intrinsèque d’une technologie n’est qu’un des éléments de son succès. Le « suffisamment bon » est souvent la solution gagnante lorsqu’elle est associée à une grande accessibilité, une grande flexibilité d’usage, une possibilité d’appropriation.

Je ne ferais pas ici l’affront de relier ceci avec mes gros sabots au truc que j’ai écrit ailleurs sur ce blog au sujet du Wimax. Le lecteur fera lui-même la connexion, à moins que la doctrine « mieux c’est mieux » ne soit trop enracinée en lui.

Hope this helps.

r.

Sites officiels de ce que je fais dans la vie

A tribute to every fucking tree of Death Vlei

  • Dsc08309
    Ces arbres sont morts il y a plus de 5000 ans, debout au milieu de nulle part dans le désert de Namibie. Ce sont les ancêtres de tous les arbres morts du monde. On peut même dire que le plus vieux des arbres vivants n'arrive pas à la cheville de ces arbres morts. Un arbre mort vit donc plus longtemps qu'un arbre vivant. Quelle belle leçon de courage. Nous nous devions donc de féliciter chacun d'entre eux. Solennellement.

Extension de la portée des bombes

  • Dsc013781
    Juillet 2006. Les bombes pleuvent sur le Liban mais peut-être pas seulement. Toutes ces paraboles dressées sur les toits de maisons au Maroc, sont elles négligeables ?

NIM: Les Non-Inoubliables Moments

Personal Networks

  • Dsc00055
    Voici des photos que j'ai prise à Beyrouth (Liban), plus précisément dans le quartier arménien (Bourj Hammoud). Pendant la guerre du Liban, tous les services publics faisant défaut, les libanais se sont mis à développer leurs propres infrastructures. Les rues sont toutes traversées par des câbles qui vont d'immeuble en immeuble. Ces câbles transportent (plus ou moins légalement): de l'électricité, des lignes de téléphone d'un immeuble à l'autre, des réseaux de télévision offerts par le Video Club du coin. Ces réseaux sont particulièrement fournis dans le quartier arménien où tout le monde est souvent à portée de câble d'un cousin. Ces images préfigurent pour moi ce que seraient des Personal Networks, c'est à dire la possibilité offerte à tout un chacun de créer son propre réseau pour se connecter à des membres de sa communauté. Nous sommes passés des ordinateurs centralisés à des ordinateurs personnels, nous tenons pour naturel d'avoir le pouvoir de traiter des données comme nous l'entendons sur nos PC. Les nouvelles technologies de réseau (le Wi-Fi pour ne pas le nommer) sont l'équivalent pour les réseaux de ce qu'ont été les PC dans les années 70-80. Le Wi-Fi peut remplacer les câbles qui ont été tendus dans le quartier arménien et rendre moins laide et fastidieuse l'interconnexion des gens. Imaginez les rues que j'ai photographiées avec plein de réseaux qui les strient mais de manière invisible. Imaginez surtout que toutes les rues de toutes les villes deviennent comme les rues du quartier arménien de Beyrouth, sans qu'on ait forcément besoin d'une guerre pour y arriver. r.