Lu dans Wired 13.04 le papier « Discs are So Dead » sur l’échec
des nouveaux formats de disques et en particulier les formats audio DVD-Audio
et SACD qui améliorent (pourtant) considérablement la qualité du son.
Right now there’s a war going on
between high-quality music disc formats. Super Audio Compact Disc and DVD-Audio
both offer sound far superior to standard CDs; each has pluses and minuses,
supporters and detractors. But the competition is hardly high stakes. In the
first half of 2004, DVD-Audio and SACD makers together shipped only 600 000
units – exactly the demand for vinyl records during the same period.
And while you probably don’t
have any SACD or DVD-Audio discs in your collection, odds are you either already
have –or have been tempted to get- an iPod. Apple has sold more than 10 million
of the portable players. Now there’s the important part: Digital music files even
encoded at high bitrates, come nowhere near the quality of songs on plain old
CDs, let alone SACDs. Yet consumers buy 1.25 million digital singles a day from
iTunes alone. Downloading –not a fancy new kind of disc- is the winning model
in music. People care more about flexibility than they do about fidelity.
En bref, et pour ceux qui ni ne liraient pas l’anglais : entre une
qualité de son supérieure et la flexibilité du téléchargement et de
manipulation de fichiers musicaux (payants),
l’utilisateur préfère de loin la deuxième option. La qualité des fichiers
musicaux (MP3 en particulier) n’est pas bonne, juste suffisamment bonne pour ne
pas sacrifier une grande accessibilité, une grande flexibilité, une grande
fluidité de consommation.
Voilà, je voulais simplement apporter cette illustration aux tenants de l’approche
ingénirique naïve qui considère toujours qu’une meilleure technologie est
suffisante pour supplanter une autre. L’histoire du succès du numérique et des
réseaux n’est pas l’histoire du succès de la qualité, mais du succès de la
fluidification des choses. La tendance irrépressible depuis des dizaines d’années
et dans tous les domaines est avant tout à la fluidification, à un monde sans ruptures,
sans grumeaux, sans frottements. L’industrie du disque est (prétendument) en
crise pour n’avoir toujours pas compris cela, pour croire que ses intérêts
industriels pouvaient primer sur une aspiration aussi profonde. Depuis le début
des années 90, nous nous accommodons de la qualité désastreuse du GSM à cause de
la considérable fluidité qu’il apporte dans nos vies et qui fait que, même
lorsque nous sommes à la portée d’un téléphone filaire, nous utilisons quand-même notre
portable. La qualité intrinsèque d’une technologie n’est qu’un des éléments de
son succès. Le « suffisamment bon » est souvent la solution gagnante
lorsqu’elle est associée à une grande accessibilité, une grande flexibilité d’usage,
une possibilité d’appropriation.
Je ne ferais pas ici l’affront de relier ceci avec mes gros sabots au truc que j’ai écrit ailleurs sur
ce blog au sujet du Wimax. Le lecteur fera lui-même la connexion, à moins que
la doctrine « mieux c’est mieux » ne soit trop enracinée en lui.
Hope this helps.
r.